S'accorder à la condition de l’Esprit‑Saint

Ceci est la transcription d'une méditation de Pir Vilayat donnée lors d'une retraite. Elle est très puissante et nous sommes conscients qu'il n'est peut‑être pas facile de la suivre à partir de la page ci ‑dessous transcrite. Nous vous la proposons néanmoins car elle donne un aperçu remarquable de l’accordage de guérison. Nous espérons qu'elle vous inspirera.
Nous devons maintenant trouver le moyen de devenir des instruments du Saint‑Esprit et de guérir nos semblables. Nous allons nous entraîner à guérir en utilisant le Saint‑Esprit à distance, afin de ne pas utiliser d'autres instruments, que ce soit les mains, les yeux ou le souffle. Les pensées, les formes‑pensées ou les ondes‑pensées serviront d'instruments, mais même elles devront être purifiées.
Nous devrons passer par un processus intérieur pour devenir des instruments purs pour le pouvoir divin de guérison. Tout d'abord, nous devons surmonter le sens de notre personne, notre image personnelle, et aussi l'image de l'environnement. Le meilleur moyen d'y parvenir est de se rappeler que l'on est un visiteur sur la planète Terre et que le corps n'est qu'une formation de la substance de la planète, que notre esprit n'est qu'une formation et que nos émotions semblent se construire et changer constamment. Il y a un orage, puis un état de paix, puis le vent souffle du nord et il fait froid, puis il y a des éclairs, puis de la pluie.
Nos pensées sont aussi des formations, tout comme les nuages qui se sont formés à partir de la substance pensante de l'univers physique. Les arbres sont des pensées qui se sont matérialisées sous la forme d'arbres. Nous découvrons ainsi le monde de la pensée et voyons que nos pensées sont des formations au sein de ce monde de la pensée.
Nous ne nous identifions ni à notre corps, ni à notre esprit, ni à nos émotions. Notre personnalité est venue à l'existence en tant que formation et se désintégrera. Ce que nous faisons maintenant, c'est l'expérience de la désintégration de toutes les choses que nous pensions être. Il n'y a rien à quoi nous puissions nous raccrocher, car tout cela ne sont que des formations temporaires. Nous traversons une sorte de nuit noire de la compréhension, et même notre conscience est une formation temporaire, une focalisation de la conscience totale.
Nous perdons donc notre sens de l'identité, dispersés dans les vents. Tout ce qui reste est comme une quintessence, et ce qui reste de l'agitation des émotions est l'extase qui est la condition de l'univers. On touche à la condition de l'univers.
C'est la nuit noire de l'âme. On a perdu son identité, son image de soi. En fait, avec Jelal‑ud‑Din Rumi, on peut dire : "Je suis le sans nom, le sans forme, l'intemporel et le sans espace". Ou comme le Christ a dit de ses disciples : "Ils sont dans le monde, mais pas du monde".
C'est la deuxième étape du processus alchimique. Nous atteignons maintenant la troisième étape, l'état immaculé.

Pour devenir de purs instruments de l'Esprit Saint, le corps doit devenir comme un cristal. On pourrait utiliser la métaphore "lavé de lumière". Pour que la lumière puisse le traverser, il doit être, comme le cristal, dans un état d'ordre total, de syntonie totale, d’accordage, de résonance, en accord avec l'ordre divin des choses.
Dans le corps, on a l'impression d'être en accord total, en résonance avec l'univers. Imaginez que nous sommes des cristaux pour que la lumière puisse passer à travers ; rien d'opaque, nous sommes totalement translucides. Tout à coup, on a l'impression qu'il y a des espaces pour que la lumière puisse circuler dans tout le corps, au lieu d'imaginer que le corps est tissé serré, solide. Tout d'un coup, il devient éthéré.
L'esprit devient clair comme du cristal et il n'y a aucun conflit, aucun blocage, aucun goulot d'étranglement. L'esprit est baigné de lumière. C'est comme le sourire d'un enfant : sincérité totale, clarté. Maintenant les émotions peuvent être très, très belles, sublimes. On lave les émotions avec la lumière, et il n'y a pas de place pour la haine, l'intolérance ou le découragement. Les émotions sont claires comme la lumière du soleil qui éclaire les fleurs, ou la lumière des étoiles qui illuminent les coins sombres de l'univers.
C'est une catharsis. Il faut purifier le cœur des émotions qui ne sont pas sublimes et rayonnantes, célestes. C'est comme redécouvrir son héritage angélique, être très, très pur dans ses émotions. Alors l'amour divin passe, comme la lumière passe à travers un cristal, entre les molécules, l'amour divin passe à travers les émotions, et tout s'illumine. Il faut faire de la place dans son cœur pour l'amour divin pour tous les êtres, la compassion, le pardon et la tolérance.
Maintenant, nous travaillons avec la conscience pour que celle‑ci devienne limpide. C'est ce qu'on entend par la lumière de l'intelligence divine : il n'y a pas de déformation ou de déviation dans cette lumière. Elle n'est pas focalisée, comme dans la conscience d'un être humain. On pourrait dire que c'est une lumière cohérente. Il existe une certaine relation entre cela et l’accordage de l'émotion, de sorte que lorsque l'émotion devient très belle, elle développe le type de qualité de la neige et de la glace, une émotion de très haute altitude.
C'est ce que l'on ressent dans les très hautes montagnes, au milieu des rochers et de la neige. C'est très différent de ce que l'on ressent dans la végétation luxuriante de la jungle que l'on voit dans les pays tropicaux. C'est comme la lumière nordique, diaphane plutôt qu'incandescente. C'est comme l'aube de la lumière avant l'aube du soleil. Le soleil arrive avec une grande puissance, agissant sur nous de manière écrasante ; mais la lumière des lumières se lève sur notre âme. Ce n'est pas d'une manière manifeste. C'est comme le soleil qui se lève dans les latitudes nord. Vous vous accordez à cette émotion particulière afin d'être un instrument du Saint‑Esprit, afin de devenir un canal du pouvoir divin de guérison.
C'est un départ de la vie. On ne peut pas être une personne du monde et être un instrument de la puissance divine de guérison.
Il faut être un peu aliéné, avoir été anéanti dans l'idée que l'on se faisait de soi‑même. Ensuite, il faut se laisser écraser, frapper, jusqu'à ce que son cœur saigne et ne pas se complaire dans sa propre souffrance, mais aller au‑delà. C'est une transmutation de l'émotion.
Pour devenir de purs instruments de l'Esprit Saint, le corps doit devenir comme un cristal. On pourrait utiliser la métaphore "lavé de lumière". Pour que la lumière puisse le traverser, il doit être, comme le cristal, dans un état d'ordre total, de syntonie totale, d’accordage, de résonance, en accord avec l'ordre divin des choses.
Dans le corps, on a l'impression d'être en accord total, en résonance avec l'univers. Imaginez que nous sommes des cristaux pour que la lumière puisse passer à travers ; rien d'opaque, nous sommes totalement translucides. Tout à coup, on a l'impression qu'il y a des espaces pour que la lumière puisse circuler dans tout le corps, au lieu d'imaginer que le corps est tissé serré, solide. Tout d'un coup, il devient éthéré.
L'esprit devient clair comme du cristal et il n'y a aucun conflit, aucun blocage, aucun goulot d'étranglement. L'esprit est baigné de lumière. C'est comme le sourire d'un enfant : sincérité totale, clarté. Maintenant les émotions peuvent être très, très belles, sublimes. On lave les émotions avec la lumière, et il n'y a pas de place pour la haine, l'intolérance ou le découragement. Les émotions sont claires comme la lumière du soleil qui éclaire les fleurs, ou la lumière des étoiles qui illuminent les coins sombres de l'univers.
C'est une catharsis. Il faut purifier le cœur des émotions qui ne sont pas sublimes et rayonnantes, célestes. C'est comme redécouvrir son héritage angélique, être très, très pur dans ses émotions. Alors l'amour divin passe, comme la lumière passe à travers un cristal, entre les molécules, l'amour divin passe à travers les émotions, et tout s'illumine. Il faut faire de la place dans son cœur pour l'amour divin pour tous les êtres, la compassion, le pardon et la tolérance.
Maintenant, nous travaillons avec la conscience pour que celle‑ci devienne limpide. C'est ce qu'on entend par la lumière de l'intelligence divine : il n'y a pas de déformation ou de déviation dans cette lumière. Elle n'est pas focalisée, comme dans la conscience d'un être humain. On pourrait dire que c'est une lumière cohérente. Il existe une certaine relation entre cela et l’accordage de l'émotion, de sorte que lorsque l'émotion devient très belle, elle développe le type de qualité de la neige et de la glace, une émotion de très haute altitude.
C'est ce que l'on ressent dans les très hautes montagnes, au milieu des rochers et de la neige. C'est très différent de ce que l'on ressent dans la végétation luxuriante de la jungle que l'on voit dans les pays tropicaux. C'est comme la lumière nordique, diaphane plutôt qu'incandescente. C'est comme l'aube de la lumière avant l'aube du soleil. Le soleil arrive avec une grande puissance, agissant sur nous de manière écrasante ; mais la lumière des lumières se lève sur notre âme. Ce n'est pas d'une manière manifeste. C'est comme le soleil qui se lève dans les latitudes nord. Vous vous accordez à cette émotion particulière afin d'être un instrument du Saint‑Esprit, afin de devenir un canal du pouvoir divin de guérison.
C'est un départ de la vie. On ne peut pas être une personne du monde et être un instrument de la puissance divine de guérison.
Il faut être un peu aliéné, avoir été anéanti dans l'idée que l'on se faisait de soi‑même. Ensuite, il faut se laisser écraser, frapper, jusqu'à ce que son cœur saigne et ne pas se complaire dans sa propre souffrance, mais aller au‑delà. C'est une transmutation de l'émotion.
L'Esprit Saint agit de manière très soudaine, inattendue, et on pourrait presque dire impitoyable, bien qu'il soit l'expression même de la miséricorde divine. Il l'emporte toujours sur toute forme ou idée préconçue et ne s'adapte jamais à toute situation, car il est la force de la liberté, une liberté qui ne tolère jamais la loi.
L'Esprit Saint agit de manière très soudaine, inattendue, et on pourrait presque dire impitoyable, bien qu'il soit l'expression même de la miséricorde divine. Il l'emporte toujours sur toute forme ou idée préconçue et ne s'adapte jamais à toute situation, car il est la force de la liberté, une liberté qui ne tolère jamais la loi. L'Esprit va où il veut, comme on dit, et il vivifie, en donnant la vie au‑delà de la vie, au‑delà des forces de vie qui se sont sclérosées au cours de la manifestation. Il va toujours se détacher, désintégrer, briser et reconstruire un modèle totalement nouveau. Il va briser toute la pollution, tout le statu quo du patient, en lui donnant une nouvelle transfusion de vie.
Vous avez vous‑même l'impression de toucher à la source de toute vie, comme Elie à la source de l'eau où il a cherché refuge contre la sécheresse. On ne peut donc pas résister à l'action vivifiante de l'Esprit. Nous sommes tellement habitués à imposer notre propre rythme au flux de la vie, et ici tout est bousculé, perturbé, et doit s'adapter à une nouvelle dispensation.
Vous laissez la vie vous envahir parce que vous savez que c'est ainsi que l'Esprit travaille. Vous vous prêtez à son action sans lui résister par vos habitudes de pensée, vos idées préconçues. Si vous vous prêtez à son action, comme une voile au vent, il fera de vous son instrument. Sinon, il vous mettra en pièces, comme une voile que l'on pousse contre le vent d'une manière qui n'est pas en harmonie avec lui. Le seul accordage qui vous permettra de vous mettre au diapason de l'Esprit est de ressentir l'état de l'univers. Vous voyez alors les choses de manière totalement différente de celle que vous avez en les regardant de votre propre point de vue. C'est totalement déconcertant.
Ce qui semble être un problème se révèle être un merveilleux dépassement, et ce qui semble être impossible semble être possible, et tout le sens que nous donnons aux choses n'a plus de sens. On voit un sens ultime derrière ce que l'on pensait être un sens. On peut même voir la beauté dans ce qui semblait être laid et la perfection là où tout semblait imparfait. Il ne semble même pas y avoir de conflit lorsque l'on voit le but final ; ce n'est que lorsqu'on est dans sa conscience personnelle que l'on a le sentiment d'un conflit. En fait, vu sous l'angle de l'unité, tout est comme il devrait être. Mais il est impossible pour notre compréhension personnelle d'accepter cela, sinon il n'y aurait pas de conflit et il n'y aurait pas de dépassement.
L'Esprit va où il veut, comme on dit, et il vivifie, en donnant la vie au‑delà de la vie, au‑delà des forces de vie qui se sont sclérosées au cours de la manifestation. Il va toujours se détacher, désintégrer, briser et reconstruire un modèle totalement nouveau. Il va briser toute la pollution, tout le statu quo du patient, en lui donnant une nouvelle transfusion de vie.
Vous avez vous‑même l'impression de toucher à la source de toute vie, comme Elie à la source de l'eau où il a cherché refuge contre la sécheresse. On ne peut donc pas résister à l'action vivifiante de l'Esprit. Nous sommes tellement habitués à imposer notre propre rythme au flux de la vie, et ici tout est bousculé, perturbé, et doit s'adapter à une nouvelle dispensation.
Vous laissez la vie vous envahir parce que vous savez que c'est ainsi que l'Esprit travaille. Vous vous prêtez à son action sans lui résister par vos habitudes de pensée, vos idées préconçues. Si vous vous prêtez à son action, comme une voile au vent, il fera de vous son instrument. Sinon, il vous mettra en pièces, comme une voile que l'on pousse contre le vent d'une manière qui n'est pas en harmonie avec lui. Le seul accordage qui vous permettra de vous mettre au diapason de l'Esprit est de ressentir l'état de l'univers. Vous voyez alors les choses de manière totalement différente de celle que vous avez en les regardant de votre propre point de vue. C'est totalement déconcertant.
Ce qui semble être un problème se révèle être un merveilleux dépassement, et ce qui semble être impossible semble être possible, et tout le sens que nous donnons aux choses n'a plus de sens. On voit un sens ultime derrière ce que l'on pensait être un sens. On peut même voir la beauté dans ce qui semblait être laid et la perfection là où tout semblait imparfait. Il ne semble même pas y avoir de conflit lorsque l'on voit le but final ; ce n'est que lorsqu'on est dans sa conscience personnelle que l'on a le sentiment d'un conflit. En fait, vu sous l'angle de l'unité, tout est comme il devrait être. Mais il est impossible pour notre compréhension personnelle d'accepter cela, sinon il n'y aurait pas de conflit et il n'y aurait pas de dépassement.
On n'est pas seulement l'instrument de l'Esprit, il faut découvrir l'Esprit que l'on est.
Tout cela dépasse l'entendement, et il ne faut pas essayer de le comprendre, tout comme il ne faut pas essayer de devenir l'instrument de l'Esprit. Et pourtant, comment pourrait‑on guérir autrement ? Il faut devenir soi‑même l'Esprit. Il faut découvrir l'Esprit en soi. On n'est pas seulement l'instrument de l'Esprit, il faut découvrir l'Esprit que l'on est.
Quand je disais que l'Esprit nous frappe, c'est l'Esprit que l'on est qui nous frappe, pour déclencher la percée de la vie. Cette vie va se communiquer à tous les êtres quand il n'y a rien qui la retient. Elle n'a pas besoin d'instrument. La foudre n'est pas contenue dans un câble ; elle se déplace en utilisant un câble comme support. Il n'y a pas d'instrument assez fort ou assez capable pour devenir l'instrument de l'Esprit. Le corps serait totalement désintégré s'il essayait de devenir l'instrument de l'Esprit. N'essayez donc pas de devenir l'instrument de l'Esprit, mais brisez votre sens de l'identité jusqu'à ce que vous découvriez ce que vous êtes vraiment.
Vous sentez maintenant ce débordement de vie qui vous traverse et vous réalisez que vous devez lui donner un exutoire, tant il est puissant. C'est le moment de penser à ceux qui sont malades, que ce soit physiquement ou mentalement. N'essayez pas d'envoyer vos pensées vers eux. Elles ne seront jamais capables de canaliser cette puissance. N'essayez pas de le faire. Vous pouvez établir un contact magique avec une personne simplement en expérimentant ce que c'est que d'être cette personne. Entrez dans son âme.
Il ne s'agit pas seulement d'entrer dans leur conscience et de faire l'expérience de ce qu'ils ressentent et de ce qu'ils pensent ; il s'agit d'entrer dans leur être éternel et de faire l'expérience de la façon dont cet être éternel souffre de la limitation de son corps, de sa pensée et de sa personnalité, et reste pourtant parfaitement conscient au‑delà de sa limitation, quelque part, à un certain niveau. Voyez comment l'énergie transporte la conscience jusqu'à leur âme, établissant une connexion, et voyez comment la conscience dirige l'énergie, lui donnant une direction précise. On entre dans la conscience de l'être total. On ne peut jamais maintenir sa conscience de tous les êtres, car tout est un.
Prenez conscience de l'énergie qui est libérée par le changement de votre conscience et de la relation entre la conscience et l'énergie. Lorsque votre conscience s'étend à la conscience de la totalité, vous devenez une incroyable source de vie, une source qui donne la vie, ce que vous ne pourriez jamais faire en exerçant votre volonté. Vous voyez comment le déclencheur de ce changement de conscience est l'émotion qui est sublimée. C'est un pouvoir, un grand pouvoir. C'est le pouvoir de l'amour.
Pouvez‑vous vous imaginer alors comme étant le Prince Pouran. Partout où il est allé, tout a fleuri : le jardin s'est épanoui. C'est votre accordage qui fait que l'énergie circule à travers vous. Pouvez‑vous penser à prendre les gens dans votre giron, sous vos ailes, à les protéger : non pas à les posséder, mais à les protéger ? Ce n'est pas comme si vous donniez de l'énergie. Les phénomènes d'échange d'énergie ont lieu grâce à votre harmonisation, et non pas grâce à ce que vous faites avec votre volonté. C'est avec votre amour que vous enveloppez les gens, afin qu'ils se sentent en sécurité sous votre protection.
Lorsque votre conscience s'étend à la conscience de la totalité, vous devenez une incroyable source de vie, une source qui donne la vie, ce que vous ne pourriez jamais faire en exerçant votre volonté.
Nous avons parlé de cet accordage avec l'ordre de l'univers et de la façon dont la vibration devient l'instrument de l'Esprit. C'est pourquoi, dans la tradition, on dit que l'Esprit devient le Verbe et que le Verbe devient la chair. Nous devons commencer par avoir accès à l'énergie de toute vie, la Vie de la Vie, l'énergie de l'Esprit. Ensuite, nous devons savoir utiliser la vibration des sphères pour communiquer cette énergie. Il s'agit de vibrer à une fréquence très élevée, d'intensifier cette vibration. Le wazifa qui est donnée est Ya Quddus.1 Concentrez‑vous au‑dessus de votre tête lorsque vous le dites. Continuez à vous concentrer, de plus en plus haut au‑dessus de votre tête.
Faites l'expérience d'être un pur Esprit, ayant brisé tous les autres aspects de votre être, et laissez le son transporter simplement l'Esprit là où il le désire. Si, à un moment donné, la pensée d'une personne qui souffre émerge dans votre conscience, établissez simplement un rapport avec cette personne et laissez l'énergie agir sans essayer de faire quoi que ce soit de spécifique. Vous devez continuer à faire l'expérience de vous‑même en tant que pur Esprit et refuser de vous identifier à l'une des formations par lesquelles l'âme s'illusionne dans un sentiment d'identité. Il ne s'agit pas seulement de la vie, mais de la Vie de la Vie, et cela ne tolère aucune limitation. C'est une contradiction dans les termes que de dire "identifiez‑vous à l'Esprit", parce que le mot "vous" est toujours interprété comme étant le soi personnel. Il n'y a pas moyen de le dire, et vous ne pouvez pas le faire par votre volonté de toute façon ; c'est quelque chose qui nous arrive sans que nous ayons à le faire. Que Dieu vous bénisse.
Pir Vilayat Inayat Khan
1. « Ya Quddus » est le nom sacré dans la tradition soufie qui veut dire « Le plus pur » et L’Esprit ‑Saint.
Cet article a été publié pour la première fois dans le numéro 5 du Caduceus Journal, automne 1988. http://www.caduceus.info

Ceci est la transcription d'une méditation de Pir Vilayat donnée lors d'une retraite. Elle est très puissante et nous sommes conscients qu'il n'est peut‑être pas facile de la suivre à partir de la page ci ‑dessous transcrite. Nous vous la proposons néanmoins car elle donne un aperçu remarquable de l’accordage de guérison. Nous espérons qu'elle vous inspirera.
Nous devons maintenant trouver le moyen de devenir des instruments du Saint‑Esprit et de guérir nos semblables. Nous allons nous entraîner à guérir en utilisant le Saint‑Esprit à distance, afin de ne pas utiliser d'autres instruments, que ce soit les mains, les yeux ou le souffle. Les pensées, les formes‑pensées ou les ondes‑pensées serviront d'instruments, mais même elles devront être purifiées.
Nous devrons passer par un processus intérieur pour devenir des instruments purs pour le pouvoir divin de guérison. Tout d'abord, nous devons surmonter le sens de notre personne, notre image personnelle, et aussi l'image de l'environnement. Le meilleur moyen d'y parvenir est de se rappeler que l'on est un visiteur sur la planète Terre et que le corps n'est qu'une formation de la substance de la planète, que notre esprit n'est qu'une formation et que nos émotions semblent se construire et changer constamment. Il y a un orage, puis un état de paix, puis le vent souffle du nord et il fait froid, puis il y a des éclairs, puis de la pluie.
Nos pensées sont aussi des formations, tout comme les nuages qui se sont formés à partir de la substance pensante de l'univers physique. Les arbres sont des pensées qui se sont matérialisées sous la forme d'arbres. Nous découvrons ainsi le monde de la pensée et voyons que nos pensées sont des formations au sein de ce monde de la pensée.
Nous ne nous identifions ni à notre corps, ni à notre esprit, ni à nos émotions. Notre personnalité est venue à l'existence en tant que formation et se désintégrera. Ce que nous faisons maintenant, c'est l'expérience de la désintégration de toutes les choses que nous pensions être. Il n'y a rien à quoi nous puissions nous raccrocher, car tout cela ne sont que des formations temporaires. Nous traversons une sorte de nuit noire de la compréhension, et même notre conscience est une formation temporaire, une focalisation de la conscience totale.
Nous perdons donc notre sens de l'identité, dispersés dans les vents. Tout ce qui reste est comme une quintessence, et ce qui reste de l'agitation des émotions est l'extase qui est la condition de l'univers. On touche à la condition de l'univers.
C'est la nuit noire de l'âme. On a perdu son identité, son image de soi. En fait, avec Jelal‑ud‑Din Rumi, on peut dire : "Je suis le sans nom, le sans forme, l'intemporel et le sans espace". Ou comme le Christ a dit de ses disciples : "Ils sont dans le monde, mais pas du monde".
C'est la deuxième étape du processus alchimique. Nous atteignons maintenant la troisième étape, l'état immaculé.

Pour devenir de purs instruments de l'Esprit Saint, le corps doit devenir comme un cristal. On pourrait utiliser la métaphore "lavé de lumière". Pour que la lumière puisse le traverser, il doit être, comme le cristal, dans un état d'ordre total, de syntonie totale, d’accordage, de résonance, en accord avec l'ordre divin des choses.
Dans le corps, on a l'impression d'être en accord total, en résonance avec l'univers. Imaginez que nous sommes des cristaux pour que la lumière puisse passer à travers ; rien d'opaque, nous sommes totalement translucides. Tout à coup, on a l'impression qu'il y a des espaces pour que la lumière puisse circuler dans tout le corps, au lieu d'imaginer que le corps est tissé serré, solide. Tout d'un coup, il devient éthéré.
L'esprit devient clair comme du cristal et il n'y a aucun conflit, aucun blocage, aucun goulot d'étranglement. L'esprit est baigné de lumière. C'est comme le sourire d'un enfant : sincérité totale, clarté. Maintenant les émotions peuvent être très, très belles, sublimes. On lave les émotions avec la lumière, et il n'y a pas de place pour la haine, l'intolérance ou le découragement. Les émotions sont claires comme la lumière du soleil qui éclaire les fleurs, ou la lumière des étoiles qui illuminent les coins sombres de l'univers.
C'est une catharsis. Il faut purifier le cœur des émotions qui ne sont pas sublimes et rayonnantes, célestes. C'est comme redécouvrir son héritage angélique, être très, très pur dans ses émotions. Alors l'amour divin passe, comme la lumière passe à travers un cristal, entre les molécules, l'amour divin passe à travers les émotions, et tout s'illumine. Il faut faire de la place dans son cœur pour l'amour divin pour tous les êtres, la compassion, le pardon et la tolérance.
Maintenant, nous travaillons avec la conscience pour que celle‑ci devienne limpide. C'est ce qu'on entend par la lumière de l'intelligence divine : il n'y a pas de déformation ou de déviation dans cette lumière. Elle n'est pas focalisée, comme dans la conscience d'un être humain. On pourrait dire que c'est une lumière cohérente. Il existe une certaine relation entre cela et l’accordage de l'émotion, de sorte que lorsque l'émotion devient très belle, elle développe le type de qualité de la neige et de la glace, une émotion de très haute altitude.
C'est ce que l'on ressent dans les très hautes montagnes, au milieu des rochers et de la neige. C'est très différent de ce que l'on ressent dans la végétation luxuriante de la jungle que l'on voit dans les pays tropicaux. C'est comme la lumière nordique, diaphane plutôt qu'incandescente. C'est comme l'aube de la lumière avant l'aube du soleil. Le soleil arrive avec une grande puissance, agissant sur nous de manière écrasante ; mais la lumière des lumières se lève sur notre âme. Ce n'est pas d'une manière manifeste. C'est comme le soleil qui se lève dans les latitudes nord. Vous vous accordez à cette émotion particulière afin d'être un instrument du Saint‑Esprit, afin de devenir un canal du pouvoir divin de guérison.
C'est un départ de la vie. On ne peut pas être une personne du monde et être un instrument de la puissance divine de guérison.
Il faut être un peu aliéné, avoir été anéanti dans l'idée que l'on se faisait de soi‑même. Ensuite, il faut se laisser écraser, frapper, jusqu'à ce que son cœur saigne et ne pas se complaire dans sa propre souffrance, mais aller au‑delà. C'est une transmutation de l'émotion.
L'Esprit Saint agit de manière très soudaine, inattendue, et on pourrait presque dire impitoyable, bien qu'il soit l'expression même de la miséricorde divine. Il l'emporte toujours sur toute forme ou idée préconçue et ne s'adapte jamais à toute situation, car il est la force de la liberté, une liberté qui ne tolère jamais la loi. L'Esprit va où il veut, comme on dit, et il vivifie, en donnant la vie au‑delà de la vie, au‑delà des forces de vie qui se sont sclérosées au cours de la manifestation. Il va toujours se détacher, désintégrer, briser et reconstruire un modèle totalement nouveau. Il va briser toute la pollution, tout le statu quo du patient, en lui donnant une nouvelle transfusion de vie.
Vous avez vous‑même l'impression de toucher à la source de toute vie, comme Elie à la source de l'eau où il a cherché refuge contre la sécheresse. On ne peut donc pas résister à l'action vivifiante de l'Esprit. Nous sommes tellement habitués à imposer notre propre rythme au flux de la vie, et ici tout est bousculé, perturbé, et doit s'adapter à une nouvelle dispensation.
Vous laissez la vie vous envahir parce que vous savez que c'est ainsi que l'Esprit travaille. Vous vous prêtez à son action sans lui résister par vos habitudes de pensée, vos idées préconçues. Si vous vous prêtez à son action, comme une voile au vent, il fera de vous son instrument. Sinon, il vous mettra en pièces, comme une voile que l'on pousse contre le vent d'une manière qui n'est pas en harmonie avec lui. Le seul accordage qui vous permettra de vous mettre au diapason de l'Esprit est de ressentir l'état de l'univers. Vous voyez alors les choses de manière totalement différente de celle que vous avez en les regardant de votre propre point de vue. C'est totalement déconcertant.
Ce qui semble être un problème se révèle être un merveilleux dépassement, et ce qui semble être impossible semble être possible, et tout le sens que nous donnons aux choses n'a plus de sens. On voit un sens ultime derrière ce que l'on pensait être un sens. On peut même voir la beauté dans ce qui semblait être laid et la perfection là où tout semblait imparfait. Il ne semble même pas y avoir de conflit lorsque l'on voit le but final ; ce n'est que lorsqu'on est dans sa conscience personnelle que l'on a le sentiment d'un conflit. En fait, vu sous l'angle de l'unité, tout est comme il devrait être. Mais il est impossible pour notre compréhension personnelle d'accepter cela, sinon il n'y aurait pas de conflit et il n'y aurait pas de dépassement.
On n'est pas seulement l'instrument de l'Esprit, il faut découvrir l'Esprit que l'on est.
Tout cela dépasse l'entendement, et il ne faut pas essayer de le comprendre, tout comme il ne faut pas essayer de devenir l'instrument de l'Esprit. Et pourtant, comment pourrait‑on guérir autrement ? Il faut devenir soi‑même l'Esprit. Il faut découvrir l'Esprit en soi. On n'est pas seulement l'instrument de l'Esprit, il faut découvrir l'Esprit que l'on est.
Quand je disais que l'Esprit nous frappe, c'est l'Esprit que l'on est qui nous frappe, pour déclencher la percée de la vie. Cette vie va se communiquer à tous les êtres quand il n'y a rien qui la retient. Elle n'a pas besoin d'instrument. La foudre n'est pas contenue dans un câble ; elle se déplace en utilisant un câble comme support. Il n'y a pas d'instrument assez fort ou assez capable pour devenir l'instrument de l'Esprit. Le corps serait totalement désintégré s'il essayait de devenir l'instrument de l'Esprit. N'essayez donc pas de devenir l'instrument de l'Esprit, mais brisez votre sens de l'identité jusqu'à ce que vous découvriez ce que vous êtes vraiment.
Vous sentez maintenant ce débordement de vie qui vous traverse et vous réalisez que vous devez lui donner un exutoire, tant il est puissant. C'est le moment de penser à ceux qui sont malades, que ce soit physiquement ou mentalement. N'essayez pas d'envoyer vos pensées vers eux. Elles ne seront jamais capables de canaliser cette puissance. N'essayez pas de le faire. Vous pouvez établir un contact magique avec une personne simplement en expérimentant ce que c'est que d'être cette personne. Entrez dans son âme.
Il ne s'agit pas seulement d'entrer dans leur conscience et de faire l'expérience de ce qu'ils ressentent et de ce qu'ils pensent ; il s'agit d'entrer dans leur être éternel et de faire l'expérience de la façon dont cet être éternel souffre de la limitation de son corps, de sa pensée et de sa personnalité, et reste pourtant parfaitement conscient au‑delà de sa limitation, quelque part, à un certain niveau. Voyez comment l'énergie transporte la conscience jusqu'à leur âme, établissant une connexion, et voyez comment la conscience dirige l'énergie, lui donnant une direction précise. On entre dans la conscience de l'être total. On ne peut jamais maintenir sa conscience de tous les êtres, car tout est un.
Prenez conscience de l'énergie qui est libérée par le changement de votre conscience et de la relation entre la conscience et l'énergie. Lorsque votre conscience s'étend à la conscience de la totalité, vous devenez une incroyable source de vie, une source qui donne la vie, ce que vous ne pourriez jamais faire en exerçant votre volonté. Vous voyez comment le déclencheur de ce changement de conscience est l'émotion qui est sublimée. C'est un pouvoir, un grand pouvoir. C'est le pouvoir de l'amour.
Pouvez‑vous vous imaginer alors comme étant le Prince Pouran. Partout où il est allé, tout a fleuri : le jardin s'est épanoui. C'est votre accordage qui fait que l'énergie circule à travers vous. Pouvez‑vous penser à prendre les gens dans votre giron, sous vos ailes, à les protéger : non pas à les posséder, mais à les protéger ? Ce n'est pas comme si vous donniez de l'énergie. Les phénomènes d'échange d'énergie ont lieu grâce à votre harmonisation, et non pas grâce à ce que vous faites avec votre volonté. C'est avec votre amour que vous enveloppez les gens, afin qu'ils se sentent en sécurité sous votre protection.
Lorsque votre conscience s'étend à la conscience de la totalité, vous devenez une incroyable source de vie, une source qui donne la vie, ce que vous ne pourriez jamais faire en exerçant votre volonté.
Nous avons parlé de cet accordage avec l'ordre de l'univers et de la façon dont la vibration devient l'instrument de l'Esprit. C'est pourquoi, dans la tradition, on dit que l'Esprit devient le Verbe et que le Verbe devient la chair. Nous devons commencer par avoir accès à l'énergie de toute vie, la Vie de la Vie, l'énergie de l'Esprit. Ensuite, nous devons savoir utiliser la vibration des sphères pour communiquer cette énergie. Il s'agit de vibrer à une fréquence très élevée, d'intensifier cette vibration. Le wazifa qui est donnée est Ya Quddus . Concentrez‑vous au‑dessus de votre tête lorsque vous le dites. Continuez à vous concentrer, de plus en plus haut au‑dessus de votre tête.
Faites l'expérience d'être un pur Esprit, ayant brisé tous les autres aspects de votre être, et laissez le son transporter simplement l'Esprit là où il le désire. Si, à un moment donné, la pensée d'une personne qui souffre émerge dans votre conscience, établissez simplement un rapport avec cette personne et laissez l'énergie agir sans essayer de faire quoi que ce soit de spécifique. Vous devez continuer à faire l'expérience de vous‑même en tant que pur Esprit et refuser de vous identifier à l'une des formations par lesquelles l'âme s'illusionne dans un sentiment d'identité. Il ne s'agit pas seulement de la vie, mais de la Vie de la Vie, et cela ne tolère aucune limitation. C'est une contradiction dans les termes que de dire "identifiez‑vous à l'Esprit", parce que le mot "vous" est toujours interprété comme étant le soi personnel. Il n'y a pas moyen de le dire, et vous ne pouvez pas le faire par votre volonté de toute façon ; c'est quelque chose qui nous arrive sans que nous ayons à le faire. Que Dieu vous bénisse.
Pir Vilayat Inayat Khan
1. « Ya Quddus » est le nom sacré dans la tradition soufie qui veut dire « Le plus pur » et L’Esprit ‑Saint.
Cet article a été publié pour la première fois dans le numéro 5 du Caduceus Journal, automne 1988. http://www.caduceus.info
